S’affirmer ou faire dans le conformisme ?

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s'affirmer ou faire dans le conformisme

S’affirmer ou faire dans le conformisme ?

Sapere aude ! Ose penser ! 

Est-il encore possible de penser par soi-même dans une société qui sans le dire expressément nous impose un certain conformisme en l’occurence politique ? 

Ebenezer Njoh Mouelle définit, dans son Essai sur la signification humaine du développement, l’homme médiocre comme l’homme du milieu c’est-à-dire l’homme du centre sans que par centre il faille entendre le noyau, le cœur dans l’ordre de l’excellence ou de l’essence. Il est du centre sans être central. L’homme du milieu décrit par Mouelle n’est pas contrairement à ce que cela peut laisser penser instinctivement, l’incontournable. Il ne s’agit pas de l’élément sans lequel tout le système s’effondre.  

Le milieu dont il est en question est le milieu géographique. Le milieu ambiant dans lequel tout homme est appelé à vivre. Nous sommes tous issu d’un milieu. Mais l’homme médiocre, l’homme du milieu est celui qui est incapable de s’affranchir de la tyrannie de son milieu.  

Etre issu d’un milieu ne fait pas de nous automatiquement un médiocre. « L’appartenance à un milieu ne conduit pas nécessairement à la médiocrité. C’est l’inaptitude à prendre du recul par rapport au milieu, l’adhérence totale à lui qui mène sûrement à la médiocrité. Celle-ci se présente donc d’abord comme grégarité, esprit moutonnier et conformisme irréfléchi ».  E.J. Mouelle 

 Ce qui rend médiocre, écrit-il, ou pousse à la médiocrité “c’est l’instinct de conservation ou le besoin de sécurité ». Le milieu au sens géographique n’a pas intérêt à se voir disparaitre et donc est prêt à tout pour se maintenir, se pérenniser. Prêt à faire taire toute tentative individuelle ou collective ayant pour objectif de s’affranchir de son joug.  Dans son absolu désir de se conserver, de se maintenir à travers les temps, le milieu finit par devenir médiocre. Il veille au grain, pour que ne naisse jamais des tensions en son sein ou plutot se prépare à les étouffer rapidement de la plus dure des manières.   

L’homme d’un tel milieu devient par effet de contagion médiocre. Médiocre car cherchant à tout prix à se protéger, à ne pas heurter la volonté du prince au risque de le payer très cher ; il s’abstient de toute critique, il rompt avec tout processus de questionnement.  

“Pour sa sécurité, l’homme médiocre évite de faire marcher sa raison, son sens critique, et se contente de faire comme tout le monde », c’est-à-dire en fait de ne rien faire, car la répétition servile est en tout point comparable à l’immobilisme.  

« La médiocrité a donc deux sens et on peut voir facilement le lien qui les lie. Ce lien consiste en ceci que des sociétés, c’est-à-dire des milieux médiocres produisent des hommes à leur image : médiocres eux-aussi. L’homme devient médiocre car il suit la médiocrité originelle de son milieu et Renonce à son originalité et à sa liberté. Il se fait esclave à la fois de la vie et du milieu » J.E. Bitang  

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Ces derniers jours ont été particulièrement difficile pour moi parce que j’ai dû faire le violent constat que beaucoup dans mon entourage était du milieu. Sans aucun jugement de valeurs.  

Le contexte s’y prêtait. Nous étions appelés aux urnes pour élire qui allait gouverner notre destinée commune pendant les cinq prochaines années. Les campagnes électorales ont permis aux uns et aux autres d’exposer leur vision de la société. Beaucoup de jeunes se sont engagés. Ils se sont faits porte-parole de TOUT. Des jeunes étaient prêts à défendre l’indéfendable. 

 Non ils n’étaient pas prêts ils l’ont fait.  

Oui ! 

Ils l’ont fait ! 

Est-ce par conviction ou par besoin de sécurité ? Ou encore par pure naïveté ?  

Comment expliquer les scores fleuves obtenus à l’issue de ces élections dans des localités ou l’accès aux soins de santé demeure un luxe après quinze années de gouvernance ? Comment comprendre que de jeunes gens soient prêts à faire taire leurs consciences, leurs jugeotes en espérant quelques avantages ?  

Ont-ils oublié en ce laps de temps toutes les difficultés auxquelles ils font face au quotidien pour accéder à des stages, à des emplois… 

Sommes-nous atteints du Syndrome de Stockholm ?  

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Bien évidement je n’ai pas réponse à toutes ces questions. Mais j’ai ma petite idée. Les mêmes causes produisent les mêmes effets dit-on ! 

Je pense que s’il y’a une chose sur laquelle on peut tous se mettre d’accord, enfin pour les esprits un tout petit peu éclairé, c’est la défaillance de notre système actuel.  Ceux qui ont eu la chance d’avoir notre destinée entre leurs mains n’ont pas jusqu’ici joué leur rôle. Ils ont échoué.  Et nous devons avoir le courage de le reconnaitre et de le dire.  

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. 

Jean Jaures, Discours à la Jeunesse 1903

C’est à ce courage que je nous invite.  A la recherche constante du bien commun au détriment de nos intérêts personnels.  Tout humain à ses faiblesses et ses contradictions mais dans l’obscurité, dans la relative opacité nous devons ainsi que nous invitait Frantz Fanon chercher et trouver notre mission en essayant de ne pas la trahir. 

A l’heure où tout semble nous convaincre que le militantisme politique, servile et aveugle, est la seule voie de réussite ; il nous faut faire preuve de courage pour se forger des convictions et se donner les moyens de les préserver. Nous n’avons plus beaucoup de modèles en ce sens mais qu’il ne soit permis de citer un homme qui disait ceci :

Chaque fois que mes convictions étaient en porte-à-faux avec les ambitions des institutions dans lesquelles je travaillais, j’ai préféré partir.  

Kako Nubukpo

Quel genre de personnes serions-nous si nous devons mettre nos convictions entre paranthèse pour quelque raison que ce soit ?

A la question qu’est-ce que les Lumières ?

Kant répondait « La sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) …  minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage… Sapere aude ! (Ose penser) Aies le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

 La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes […] reste cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit facile à d’autres de se poser en tuteur des premiers. […] Que la grande majorité des hommes tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui très aimablement (par bonté) ont pris sur eux d’exercer une haute direction sur l’humanité. 

Après avoir rendu bien sot leur bétail (domestique) et avoir soigneusement pris garde que ces paisibles créatures n’aient pas la permission d’oser faire le moindre pas, hors du parc où ils les ont enfermés. Ils leur montrent les dangers qui les menace, si elles essayent de s’aventurer seules au dehors. Or, ce danger n’est vraiment pas si grand, car elles apprendraient bien enfin, après quelques chutes, à marcher ; […] » 

Tout n’est pas perdu, la quête de la Lumière est une quête constante. Il s’agit d’un exercice quotidien auquel il faut se livrer. Nous n’aurons pas d’autres saveurs. Il faut donc faire le choix entre s’affranchir ou faire dans le confromisme.

Ayons donc l’audace nécessaire pour provoquer le changement que nous souhaitons tous. Osons sortir du parc et marchons ensemble vers la réalisation de cette Légende Collective.

S’affirmer ou faire dans le conformisme ? Le choix est clair.

Votre Colibri  

18 Comments

  1. BARARMNA rosine
    24 February 2020 / 20 h 48 min

    Merci à toi pour cette analyse objective.Gandhi disait sois le changement que tu veux pour ce monde.et je dirai apres tout ce que j’ai pu constater durant cette periode electorale,que le jeune doit être le changement qu’il veut pour son pays.il ne suffit pas seulement d’avoir un esprit moutonnier, mais il s’avère nécessaire parfois de faire une rétrospection de sa vie quotidienne et se poser la question: est ce que c’est ce que je veux pour moi?si la réponse est négative alors je pense qu’il faut aspirer à un changement car la même action produira le même résultat.ne pas se contenter d’aujourd’hui. Dejà ce lundi,le rideau s’est fermé sur ces élections et très bientôt(puisque à l’heure actuelle il y en qui sont toujours dans l’euphorie de la victoire ) chacun fera face à sa vie quotidienne et c’est en ce moment que va s’activer le mode conscience qui était entre temps parti en veilleuse et on entendra dire vraiment le pays ça ne va pas.Qui décide alors de comment doit se porter le pays ou de comment doit-il avancer?

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      24 February 2020 / 21 h 27 min

      Merci Rosine. C’est dit !
      Encore une fois il nous revient de se poser les bonnes questions et de s’y mettre. Il n’y aura pas de messi

  2. 24 February 2020 / 20 h 56 min

    Très belle analyse de la situation géo politique du pays. Le problème du Togo est pluriel, et est comme l’hydre de Lerme. Cette créature mythique qui se laisse pousser deux têtes à la place de celle qu’on coupe . Le peuple est victime vraiment d’un syndrome de Stockholm, mais au prime abord il est important de plonger la main dans le cambouis et de comprendre pourquoi. On le pense tous sans le dire, le problème togolais est profondément ethnique. Comme certains le disent, quitte à choisir entre deux sorciers on choisit celui qu’on connaît. C’est cela le problème du Togo. Le peuple qui pérennise une situation qui lui est défavorable à juste peur du changement ( et pour cause, ils ont vécu déjà ce que la haine ethnique et l’esprit de vengeance entraîne et cela a un petit niveau déjà, certains en gardent des séquelles psychologiques et physiques). Comment convaincre ces personnes qu’une autre ethnie n’est pas ennemie? Au delà de cela, a-t-on réellement une opposition digne de ce nom? Le genre d’opposition qui peut convaincre le peuple de sortir de sa zone de confort? L’amateurisme fait office de norme dans cette opposition flétrie qu’on a au Togo, et nombreux sont ceux dont la faim et la cupidité se lit sur le visage. Dans cette opposition qui est censée être un rempart à la pérennisation d’un système défaillant, on se trouve face à des programmes qui insultent l’intelligence de l’homme, face à des personnes qui sont capables de retourner leurs vestes en moins de temps qu’il faut pour le dire… et j’en passe. Le système est pourri, c’est désolant, mais qui va donner l’espoir? Si ce n’est nous mêmes, à travers nos valeurs, nos ambitions et notre désir de développement, indépendamment de tout cela?
    Au delà de cela, personnellement, subjectivement , le système est broken, les faits sont têtus, on le voit, le pays va mal. Et j’encourage juste chaque personne a été acteur de son propre développement, et de fil en aiguille, les choses changeront. Parce qu’on a beau changer la tête, si le bas est pourri, ça ne sera qu’un leurre. Et n’oublions qu’aucun président n’a de formule magique surtout en Afrique. Il reviendra à chacun, peu importe le président élu, de faire de sa vie des gouttelettes qui vont se transformer en pluie abondante pour les autres. C’est comme cela que le système va se relever, peu à peu, le civisme, le patriotisme va gagner les cœurs, c’est vers le bas que la réconciliation avec notre passé va arriver, et ça commence par nous mêmes.

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      24 February 2020 / 21 h 58 min

      Bonsoir Reine,
      Merci pour ce commentaire. Tu poses des questions pertinentes. Hier après les résultats, en discutant avec une amie elle m’a laché ‘au moins avec cette victoire, ils ne vont pas nous chasser de Lome’ . J’ai été un peu surpris mais cela témoigne une fois de plus de la prégnance du fait ethnique dans notre pays.
      Et je te rejoins complètement sur le fait que pour creer un sentiment d’appartenance qui va au delà des ethnies, il y’a du chemin et cela ne se fera pas en un jour. je retiens cette phrasse qui résume assez bien ma façon de voir les choses “j’encourage juste chaque personne a etre acteur de son propre développement, et de fil en aiguille, les choses changeront” .
      Que chacun fasse sa part !

  3. Olive Banagno
    24 February 2020 / 21 h 00 min

    “il faut que la vérité soit dite, le monde dût-il se briser en mille morceaux” Johann Gottlieb Fichte
    Tout y est !!! Un vibrant appel à une prise de conscience collective. Nous sommes toujours dans la caverne de Platon, et c’est vraiment dommage.
    Merci pour cet article d’éveil de consciences.

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      24 February 2020 / 22 h 00 min

      Thanks bro.
      Nous finirons par nous élever vers le “monde des idées”

  4. Parfait
    24 February 2020 / 22 h 51 min

    Que dire…

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      25 February 2020 / 12 h 29 min

      Que chacun fasse sa part et brillons ensemble !

  5. 25 February 2020 / 0 h 05 min

    Great content! Super high-quality! Keep it up! 🙂

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      25 February 2020 / 12 h 30 min

      Thanks

  6. Aimé
    25 February 2020 / 12 h 22 min

    Force à toi Balak, j’ai aimé ta dernière phrase que chacun fasse sa part

    • Balakiyem Gnazouyoufei
      Author
      25 February 2020 / 12 h 32 min

      Merci bro,
      C’est seulement de cette façcon que nous pouvons espérer mieux. Il n’y aura pas d’autre messie que nous mêmes.

  7. Shoukrat Bello
    25 February 2020 / 12 h 48 min

    Merci pour ton analyse. Que chacun fasse sa part

  8. Salifou Georges
    25 February 2020 / 13 h 50 min

    Merci à toi cher frère…
    Je suis emporté en lisant ces quelques mots. Le Togo souffre d’un réel mal, celui de l’éducation. On va jusqu’ à croire que c’est bien penser si les politiques ne veulent pas améliorer l’épouvantail étucatif dans certaine région, car ils se plaisent d’exploiter l’imaturité et le manque d’éducation de certains peuples. Nous avons encore beaucoup de chemin, vivement que les choses changent.

  9. Placide BADABO
    25 February 2020 / 15 h 00 min

    Merci pour la contribution !
    La situation politique du Togo dénote d’une réalité socioculturelle assez atypique. D’une génération à une autre, l’éducation du togolais à manquer de lui faire exprimer, à la hauteur de son potentiel, ses besoins, ses attentes et surtout ses ambitions. Modeste, il a donc vécu dans le contentement du peu qu’il dispose ou que son environnement lui offre. Progressivement, il se meurt dans ce milieu aussi médiocre que ceux qui sont censés l’éduquer, l’instruire et le diriger. Mais une fois ailleurs, il se découvre, son potentiel s’exprime, il impressionne jusqu’à ce qu’il y retourne et qu’il perde son génie ou que ce dernier se mette encore une fois à sommeiller en lui. Tout comme un panier de crabes, vivre au Togo est un piège. Aujourd’hui face aux problèmes socioéconomiques du quotidien, la jeunesse togolaise manque de repères. Elle ne sait à quels saints se vouer. Formatée et instrumentalisée par une psychose (des vieux démons du passé politique), elle n’y pense plus; elle suit et subit.
    Il faut retenir que même si la situation sociopolitique du Togolais semble particulière, il n’en demeure pas moins que la crise de conscience soit socialement structurelle en Afrique. La jeunesse africaine (surtout ses leaders d’opinion et penseurs ) doit se saisir de 3 formes de pensée : la pensée critique, la pensée complexe et la pensée globale, pour mieux appréhender les enjeux socioculturels, économiques et politiques de l’heure afin de ne peut se laisser manipuler (à travers des médias et réseaux sociaux surtout) par les charlatans d’un nouveau genre.
    Voici donc venues les décennies de lumière en Afrique pendant lesquelles les jeunes intellectuels africains doivent reprendre le flambeau de la lutte de l’intelligentsia afro des années 1960!

  10. Anaxiamndre Le grand
    25 February 2020 / 16 h 26 min

    Ce article interpelle à bien d’égards. Moi même je me suis interrogé sur ce syndrome de Stockholm. Nos compatriotes ont tendance à avoir la mémoire courte. Mais j’ai compris qu’il s’agit avant tout d’une politique du ventre. Le régime en place bénéfice d’une longévité suffisante pour avoir une emprise totale sur toute la population et utiliser tous les leviers institutionnels, coercitifs, et symboliques et idéologiques de domination que j’avais bien décrit dans un papier officieux . Il est dit que le problème du Togo est un problème ethnique, moi je dirai que le Togo n’a pas fondamentalement un problème ethnique mais un problème de politisation et d’instrumentalisation des clivages ethniques. D’ailleurs le Togo n’est pas le seul pays traversé par plusieurs ethnies. On a tous ce problème un peu partout en Afrique. Aujourd’hui à la faveurs de l’immigration nord-sud et des mariages mixtes ces clivages se sont affaissés. Il est dit que le problème du Togo est l’absence d’alternative crédible au sein de l’opposition. Je soutiens cette idée en allant plus loin postulant une sorte de “cartellisation” des principales forces politiques qui agissent de connivence, simulant pour certain une opposition. Mais il faut dire que c’est aussi un oeuvre du régime que de travailler à éviter toute opposition crédible surtout dans le Nord. La dynamique de Atchadam nous montre clairement qu’une force peut émerger à tout moment mais il est inadmissible si alternative il doit y avoir que cette alternative vienne du Nord. Le sud Oui à condition que …. Atchadam a été neutralisé idéologiquement par l’instrumentalisation de clivage interne au nord entre Kabye et Tes et d’unclivage religieux entre chrétiens et musulman le tout relié à des question sécuritaire à caractère terroriste Dans ce pays ou tout est politisé une immense majorité des jeunes diplômés se rend bien compte qu’on ne saurait réussir sans afficher au moins une sympathie à l’égard du régime. Que voulons nous si des professeurs d’universités et pas des moindres, je parle dles plus élevés en grade versent dans ce prosélytisme parfois faisant un usage néo-patrimoniale de leurs fonctions? Que pourrait-on alors reprocher à ces pauvres jeunes désoeuvrés pour qui il est d’abord question de survie?

  11. Jacob BAGNABANA
    25 February 2020 / 20 h 15 min

    Merci cher frère pour cette analyse objective. Toutefois, il faut dire que contrairement à vous les résultats des urnes ne me surprennent pas. Ils font juste agrandir mon indignation par rapport à la situation de notre pays. Le problème du pays est profond, une camarade l’a déjà souligné c’est un problème ethnique. Je dirai à mon tour que c’est un problème de culture politique. Est ce que le togolais a déjà compris le sens de la démocratie ? Est ce que les acteurs politiques ont déjà compris le jeu démocratique ? Qui sont électeurs au Togo? de milliers d’analphabètes ? À qui la faute dans cette situation ? La réponse elle est simple, ce sont ces opposants qui ne proposent pas une alternative mais une alternance. Considères un peut la période préélectorale et tu comprendras. Comment sont-ils allez aux élections ? Comment ont-ils fait la campagne ? Je n’accuse pas le citoyen lambda, il est déjà moulé dans cette culture, pendant des décennies il a déjà intériorisé la peur du régime et n’attend que des services de celui-ci.
    La solution vous la connaissez déjà et vous êtes sur la bonne ligne, il faut une sensibilisation, rééduquer le togolais.
    Merci

  12. Diane LOKOU
    26 February 2020 / 9 h 11 min

    Très cher, merci pour cet article qui, qu’on le veuille ou pas incite à la réflexion et au besoin de choisir une position ou “pas”. Objectivement pour moi, la question de la politique, même dans le silence absolu est discutée par l’ensemble des personnes qui composent la société. Ceci dit, le contexte togolais est extrêmement atypique et regorge d’énormes challenges liés au choix politique que nous sommes appelés à faire. Que l’on ai choisi le conformisme ou non, pour moi le défi demeure dans le fait que nous puissions individuellement marquer en bouleversant de façon significative les normes, et en contribuant à la construction d’une cité “idéale” et surtout qui émerge d’un point de vue socioéconomique. Que l’on choisisse de suivre des idéologies, sans toutefois refléter les choses dans notre quotidien, c’est pour ma part le plus difficile des combats.

    Il nous faut avoir des leaders d’opinions, pas des personnes qui sur leurs frustrations décident de bouleverser la vie d’une société ou d’une nation pour parvenir à des résultats qui forcement ne sont pas à l’avantage de tous. Que ce soit du parti au pouvoir ou de l’opposition, le Togo a besoin de leaders d’opinions qui proposent un programme de société réel et incitatif, qui propose des alternatives mesurables et atteignables. Osons alors penser autrement. Peut être devrions nous avoir une démocratie propre à nous, qui mettrait en avant nos réalités et qui permettrait d’avoir une société plus épanouie et dont la gestion emporterait l’assentiment du plus grand nombre.
    En définitive, ma réflexion s’oriente dans le fait que nous togolais avons de grands challenges à relever, de plus nous devrions plutôt aspirer à une politique qui ne juge pas forcément le choix des autres, mais qui contribue individuellement au bien être de tous. Parce que finalement être dans le suivisme ou pas, être “moutonnier” ou non, demeure un choix; et en vrai nul ne peut dicter à un autre individu un choix. Nous serions là en face des questions fondamentales des droits de l’homme et taratata, le cycle liberté, droit, justice se mettra en exergue en clamant les droits individuels en tant que personne, sujet de droit.
    C’est vraiment d’une complexité à mon avis. Inciter déjà à la réflexion est un début de changement, de non conformisme. Je suis pour ce challenge.
    Merci Balack pour la contribution.

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